Brèves de conseil du 23 février 2026

Publié le 3 mars 2026
Rédigé par 
Jonathan Brel

Présentation de la zone de police

Le conseil communal a débuté par une intervention du Chef de corps de la zone de police, venu présenter le budget 2026 et les priorités de la zone. 

Le budget de la zone de police a augmenté de 6,6% en 2026 pour atteindre 9,1 millions d’euros, une hausse largement due à la reprise des recrutements après plusieurs années de postes vacants. Au total, le nombre de collaborateurs devrait atteindre 94 à la fin de l’année, et permettre de renforcer les patrouilles et d’assurer une plus grande visibilité et disponibilité sur le terrain, avec une capacité d’intervention rapide 24h/24h. Malgré cela, elle reste la plus petite zone du Brabant wallon. 

Les prochains mois verront l’arrivée de bodycams, testées avant déploiement. Elles sont reconnues pour calmer certaines interventions et améliorer la sécurité du personnel. Côté technologie, les caméras ANPR déjà installées montrent des résultats encourageants dans la lutte contre les cambriolages.

Ecolo a interrogé le chef de corps sur:

  1. la raison et l’affectation du surplus comptable de près d’1 million d’Euros, enregistré en 2024 et la possibilité de l’utiliser pour réduire la contribution croissante des communes et
  2.  les politiques de prévention que la zone de police met en oeuvre.  

Le surplus 2024 provient de la non consommation de certaines dépenses de personnel en raison de difficultés de recrutement, faute de candidats. La zone souffre en effet d’un manque d’attractivité, notamment en raison d’une différence salariale de 600 à 900 € avec Bruxelles. Beaucoup de recrues viennent désormais de régions plus éloignées (Hannut, Marche, Berloz). Le surplus généré a été affecté à une réserve qui permettra de couvrir des dépenses additionnelles, dont certaines imposées par le niveau fédéral (remplacement des uniformes, serveurs, etc.), et de réduire un peu la pression budgétaire dans un contexte d’arbitrages budgétaires rendus de plus en plus difficiles. Globalement, le budget actuel de la zone permet néanmoins de couvrir une grande partie des services que la zone entend offrir. Parmi ceux-ci, la zone de police mise fort sur la prévention : sensibilisation contre les cambriolages, ateliers anti‑phishing pour les aînés, actions en écoles, mobilisation autour de la mobilité ou encore travail en quartier via les partenariats locaux de prévention. À noter : 93 % des SAC mènent à une amende, sauf en cas de médiation.

 

Le conseil se poursuit par la communication des rapports d’activité 2024 du conseil communal des enfants et du conseil communal des jeunes, ainsi que de la vérification de l’encaisse du directeur financier ai 31 décembre 2025.

Viennent ensuite les approbations à l’unanimité des activités communales de vacances 2026, de l’organisation d’un cours de gym douce pour las aînés en 2026 et de la campagne de stérilisation des chats errants sur le territoire de la commune.

Rapport du conseiller en énergie 2025

Comme chaque année, nous regrettons que ce rapport ne soit qu’une compilation d’actes administratifs et ne présente aucune analyse stratégique des interventions de la commune au regard des enjeux actuels en matière de consommation énergétique et de réduction des émissions qui y sont liées.

Le document apparaît manifestement construit sur la base d’un canevas standardisé. Si le recours à un modèle-type peut se comprendre, force est de constater que, malgré les demandes répétées et formulées d’année en année, le rapport n’évolue pas. Aucun contenu plus approfondi, aucune analyse complémentaire, aucune mise en perspective stratégique ne viennent enrichir l’exercice.

Plus fondamentalement, aucune véritable réflexion stratégique ne transparaît. Le rapport se limite essentiellement à constater l’évolution des consommations et des émissions des bâtiments communaux, sans élargir la réflexion à une vision globale ou à des objectifs structurants à moyen et long terme. La majorité semble se satisfaire d’une diminution des émissions liées aux infrastructures communales, sans développer d’approche plus ambitieuse permettant d’avoir un impact réel sur les émissions à l’échelle du territoire.

Après plus de dix ans de présence dans la fonction, nous estimons que ce manque d’évolution est décevant. Il ne s’agit peut-être pas uniquement d’une responsabilité individuelle : le travail est accompli dans une logique administrative classique. Encore faudrait-il qu’une impulsion politique claire soit donnée afin de faire évoluer la fonction au regard des défis climatiques actuels. Aucune ambition particulière ne transparaît dans le rapport. Peut-être des initiatives existent-elles sur le terrain ; en tout état de cause, elles ne sont pas visibles dans le document présenté.

Par ailleurs, aucun lien n’est établi avec les conventions « Ecosystème » et « Impact » du programme POLLEC, pourtant abordées au point suivant de l’ordre du jour. Cette absence de cohérence et de transversalité interroge.

Nous nous posons dès lors la question de savoir comment faire évoluer cette fonction pour qu’elle réponde réellement aux enjeux actuels.

Le Collège répond qu’une feuille de route existe, que les objectifs de réduction des consommations de gaz, d’électricité et de mazout pour les infrastructures communales sont clairs, et que la prochaine étape consistera à accompagner et sensibiliser les citoyens. Il précise toutefois que la commune ne dispose pas nécessairement des moyens humains et matériels suffisants pour renforcer cet accompagnement.

Considérant l’absence de stratégie globale et le manque d’ambition, la commune se limitant à la gestion de ses propres bâtiments sans se donner les moyens d’agir sur les émissions à l’échelle du territoire, notamment celles des citoyens, nous nous abstenons lors du vote du rapport.

La majorité et le groupe BaV votent en faveur du rapport.

POLLEC – Offre de service Ecosystème et Impact POLLEC par l’InBW

Dans le cadre des échanges, nous soulignons que les conventions proposées reposent essentiellement sur une obligation de moyens : elles garantissent un suivi, des formations et une coordination, mais ne fixent aucun objectif chiffré ni engagement de résultats.

Le coût annuel global de 25.000 € interroge également. Cela correspond à peu près à un mi-temps, sans qu’un plan financier pluriannuel clair, ni une programmation précise des actions concrètes, ne soient présentés. Si l’outil peut constituer un appui intéressant, il ne remplace pas une véritable stratégie climatique locale.

Nous nous interrogeons dès lors : comment s’assurer que cette adhésion débouchera sur des projets concrets et mesurables ? Où en sommes-nous dans la mise en œuvre effective du PAEDC ? Mettre en place un cadre est une chose ; définir ce que l’on en fait, avec quels moyens et quelles priorités, en est une autre. À ce stade, la ligne budgétaire annoncée ne s’accompagne pas d’une vision opérationnelle clairement explicitée.

La question de la gouvernance est également posée : quel sera le rôle du conseiller énergie communal dans ce dispositif ? Qui, au sein de l’administration, assurera le suivi quotidien ? Comment s’articulera le travail avec la personne engagée à mi-temps au cabinet de la Bourgmestre, notamment pour la recherche de subsides ? Il importe d’éviter les chevauchements et de garantir la cohérence de l’action publique.

Le Collège rappelle que les subsides POLLEC ne seront plus renouvelés, entraînant la perte d’une ressource humaine au niveau communal. La collaboration avec inBW vise précisément à mutualiser des agents spécialisés en énergie-climat à l’échelle du Brabant wallon. Ceux-ci auront pour mission d’accompagner les communes, tant dans la sensibilisation des citoyens que dans le suivi des objectifs climatiques adoptés. Ecolo insiste sur le fait que ces appuis ne seront bénéfiques que si des relais actifs sont désignés au sein de l’administration communale. Le manque de ressources rappelé par la majorité n’est pas rassurant à cet égard.  Nous nous abstiendrons donc lors du vote sur ce point.

Finances

Suivent ensuite deux points relatifs aux finances, portant sur l’affectation des soldes non utilisés de certains emprunts vers le fonds de réserve extraordinaire, pour un montant total de 225.666,09 €.

Nous nous interrogeons sur l’opportunité de transférer ces montants au fonds de réserve sans affectation précise, alors que l’alternative pourrait consister à réduire l’endettement. Si la constitution d’une réserve peut s’entendre, encore faut-il qu’elle s’inscrive dans une programmation claire et ambitieuse des investissements à venir, ce qui ne ressort pas des éléments présentés.

En réponse, la majorité indique qu’il s’agit d’une mesure transitoire, dans l’attente d’un inventaire plus complet, tout en rappelant cette formule révélatrice : « il faut emprunter quand on sait ce dont on a besoin ».

Nous rappelons que dans l’état des informations transmises, et sans données sur le coût effectif de ces emprunts, il n’est pas possible de prendre une décision.  

 

En fin de séance, nous avons par ailleurs porté trois points d’actualité.

La Comète

Concernant l’abandon du projet de réaffectation du site de la Comète, nous avons relayé l’incompréhension et les réactions négatives au sein du village, la commune ayant annoncé un réinvestissement avant de se retirer sans réelle explication publique approfondie. 

La majorité a justifié cette décision suite à la demande du propriétaire d’obtenir rapidement une réponse de la commune; l’état actuel des coûts d’études complémentaires et des obligations d’assainissement du site, a donc conduit dans un contexte budgétaire contraint, à suspendre le projet. 

Nous avons également interrogé la majorité sur sa politique culturelle et sur le risque de voir certains lieux progressivement disparaître sans alternative crédible. La rénovation du centre d’Hamme-Mille est à nouveau évoquée (après avoir été rangée au placard), mais la priorisation des nombreux projets communaux impose, selon le Collège, d’étaler les ambitions dans le temps.

Frelons Asiatiques

Nous avons également alerté sur l’explosion du nombre de nids de frelons asiatiques en 2025 : quatre fois plus qu’en 2024 ! Ainsi que sur l’importance cruciale de la campagne de piégeage du printemps 2026. Il est répondu que des kits ont été distribués aux citoyens volontaires qui les avaient commandés à la Province et qu’une collaboration avec BeeWing est en place.

Schéma de Développement Communal

Enfin, nous avons demandé où en était l’élaboration du Schéma de Développement Communal (SDC), outil indispensable de planification face aux nombreux projets qui suscitent des inquiétudes. Le Collège indique que le diagnostic territorial réalisé par la Province du Brabant wallon a été réceptionné fin 2025 et qu’une première réunion de planification avec la Région wallonne a eu lieu, un résumé devant être partagé prochainement. La majorité rappelle que c’est un travail de longue haleine qui prendra 2 à 3 ans.