22 mars - Journée mondiale de l'eau - point sur les PFAS à Beauvechain

journée mondiale de l'eau - point sur les PFAS à Beauvechain
Publié le 22 mars 2025
Rédigé par 
Jonathan Brel

Ce 22 mars, c’est la journée mondiale de l’eau.  C’est l’occasion de faire un point rapide sur la situation concernant les PFAS à Beauvechain.

Lors du conseil communal du 27 janvier dernier, nous interrogions le collège afin d’obtenir un statut, et que la commune démontre sa maîtrise du dossier.  La demande était d’avoir un point lors du conseil de février durant lequel le collège présente un état des lieux de la situation:

  •  état des filtres:  Nous savons que les filtres saturent à un certain moment et qu’il est alors nécessaire de remplacer le charbon actif.  Qu’en est-il des dernières analyses effectuées ?  Dans cette situation, nous souhaitons avoir une vue sur les relevés individuels, et non sur une valeur médiane sur 6 mois.  Quels seuils d’alerte / d’action ont été fixés pour le remplacement du charbon ?
  • TFA: le TFA est un métabolite des pesticides PFAS, dont on apprend que l’utilisation est en forte augmentation.  Bien que la toxicité du TFA soit encore mal connue, certaines études révèlent déjà des effets potentiels sur le foie et le système immunitaire, similaires à ceux observés avec d’autres PFAS à chaîne longue. Or, le TFA n’est pas éliminé par des filtres à charbons actifs. Où en est-on?
  • Etude épidémiologique : Lors d’un conseil communal précédent, l’échevin de l’époque (Benjamin Goes) avait évoqué la possibilité de réaliser une étude qui compare la prévalence de maladies à Beauvechain par rapport moyenne nationale avant de se lancer dans un biomonitoring.  Où en est-on? Est-il nécessaire de réaliser ce genre d’étude qui prend du temps, plutôt que de commander directement un biomonitoring?
  • Elargir les analyses : En raison de l’omniprésence dans l’environnement de ces PFAS, serait-ce envisageable de lancer une étude des oeufs et légumes de nos jardins ?

Suite à notre intervention, la commune a pris contact avec la SWDE afin de relayer nos questions.  Dans sa réponse, la SWDE indique que:

  • L’eau est analysée tous les 15 jours en sortie de filtre, et que les dernières analyses validées (au moment de la réponse), effectuées fin janvier, ne présentaient pas d’anomalie à ce stade (Nodebais sortie filtre – Teneur en Pfas20 : 8 ng/l – Teneur en Pfas 4 : 0 ng/l //// Beauvechain sortie filtre – Teneur en Pfas20 : 5 ng/l – Teneur en Pfas 4 : 0 ng/l), et que le remplacement des charbons n’était donc pas nécessaire.
  • Le TFA n’est effectivement pas retenu par les charbons actifs.  Les analyses montrent des teneurs en TFA de 52 ng/l pour la partie Beauvechain et de 920 ng/l pour la partie Nodebais.  Le conseil scientifique ayant émis une valeur guide à ne pas dépasser de 2.200 ng/L de TFA dans le réseau d’eau potable wallon.
  • L’étude épidémiologique et l’élargissement des analyses ne sont pas du ressort de la SWDE

Ce courrier a donc été lu lors du conseil communal du 24 février, et c’est là toute l’information partagée par la commune.

Il reste néanmoins de nombreuses interrogations.  Si la situation semble actuellement « sous contrôle » pour l’eau distribuée aujourd’hui, aucune information n’est disponible concernant l’impact de dizaines d’années d’exposition à ces polluants.    La solution la plus simple pour faire la clarté sur ce point est de lancer des analyses de biomonitoring, dont les résultats seraient disponibles beaucoup plus rapidement qu’une éventuelle étude épidémiologique.  Il est absolument anormal que des citoyens aient à financer une étude « privée » à ce sujet !

De plus, l’eau de distribution n’est pas la seule source de contamination, les eaux de surfaces étant également polluées. Ces pollutions peuvent ensuite atteindre nos jardins et contaminer légumes et oeufs qui y seraient produits, d’où l’intérêt de réaliser également des analyses de ces produits.

Enfin, bien que les teneurs en TFA ne soient pas encore alarmantes, il s’agit d’un polluant dit « éternel », qui s’accumulera donc dans l’environnement.  Il convient donc de réduire rapidement la source de cette pollution (les pesticides PFAS).  De ce point de vue, la commune peut agir de 2 manières: en demandant à la région Wallonne, et même à l’Europe l’interdiction à la vente des pesticides PFAS, et en accompagnant les agriculteurs qui souhaitent transitionner vers une agriculture moins dépendante des pesticides.

Comme pour toutes les autres thématiques, nous resterons vigilants et continuerons à demander au collège la plus grande transparence sur la question, et à enfin prendre les choses en mains clarifier la situation et pour protéger la santé des Beauvechainois.e.s