25 mars 2013

Publié le mercredi 27 mars 2013

Conseil communal du 25-03-2013.

Après quelques communications, nous arrivons au point central de ce conseil, la déclaration de politique générale de la majorité pour cette législature.

Je me contenterai de reprendre la réponse de nos deux représentants au conseil :

Nous avons lu attentivement le document de politique générale pour la législature qui vient de s’ouvrir, et nous vous remercions de nous l’avoir transmis. C’est une première ! Nous nous réjouissons bien sûr d’un certain nombre de déclarations ou propositions qui vont dans le sens du bonheur que nous avons de vivre dans la Commune. Mais nous avons à jouer aussi notre rôle d’opposition constructive.

Nous nous réjouissons avant tout que la présidence du conseil soit mise en place et nous espérons que cela dynamisera la participation au sein du conseil.

Pour la GOUVERNANCE

Nous nous réjouissons que le Développement Durable s’inscrive pleinement dans le projet politique. Nous veillerons à ce qu’il ne reste pas une simple formule, un cliché qui endort la vigilance. Ce n’est pas un mot magique : la transversalité dans ses multiples dimensions doit vraiment s’incarner dans chacun des projets et ce n’est pas une mince affaire ! Ainsi, le nouvel échevinat du Développement Durable devra-t-il préciser ses contours pour qu’il ne reste pas une jolie étiquette dont le citoyen ne comprendrait pas le sens.

Il serait bon qu’il y ait plus de rigueur dans la planification de l’agenda des conseils communaux afin de permettre à l’opposition de se saisir des dossiers importants et d’émettre un avis critique plus construit et mieux travaillé.

Sur le chapitre FISCALITÉ

Ecolo ne peut qu’approuver la rigueur avec laquelle les finances communales sont gérées. Cependant, nous regrettons cette formule slogan, mainte et mainte fois répétée : « Nous avons pour objectif de maintenir la pression fiscale au niveau historiquement bas qui fait de Beauvechain un havre fiscal. » Nous voulons rappeler avec force qu’une fiscalité basse n’est pas un but en soi. La fiscalité n’est pas une honte, elle nourrit les actions politiques nécessaires, utiles pour le citoyen. Se vanter de faire de Beauvechain un havre fiscal n’a aucun sens si une série de besoins de la population ne sont pas rencontrés. Il nous semble que plus des moyens pourraient être engagé, en particulier pour les jeunes, les personnes âgées, et la petite enfance, ainsi que pour la mise en place d’un réseau sécurisé de voirie à destination de la mobilité douce.

En ce qui concerne la DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE et l’INFORMATION AU CITOYEN

Nous nous posons la question de savoir la manière dont le Collège va suivre les avis des différentes commissions. Ces outils ne sont rien si les avis ne sont pas réellement pris en compte. S’il est évident que les organes issus du processus démocratique des élections doivent garder leur autorité, il serait bon de définir de manière plus précise les rapports que le conseil et le collège communal entretiendront avec ces différents organes où s’expriment les avis de la population.

Pour l’information au citoyen, vous dites : « écarter toute politisation du bulletin communal ». Comment allez-vous garantir cet engagement si le bulletin communal est aux seules mains de la majorité ? Écarter la politisation va de pair avec un encouragement effectif à une participation plus large.

La RURALITÉ maintenant, qui fait très justement notre fierté

Ecolo souhaite poser quelques questions essentielles :

- Comment soutenir nos agriculteurs, producteurs locaux, artisans ? La ruralité c’est aussi favoriser tout ce qui est à l’échelle de la proximité. Inviter à respecter nos entrepreneurs, nos terres, nos productions. Limiter les trajets pour consommer local, de haute qualité, en augmentant ainsi la cohésion sociale.
- Comment proposer aux citoyens à un faire un usage parcimonieux des « pesticides » et mieux encore, comment l’informer sur les alternatives ?
- Comment donner aux agriculteurs l’occasion d’approcher des pratiques agricoles réussies qui soient toujours plus respectueuses de la terre ?

Si l’on parle de MOBILITÉ ET de SECURITÉ ROUTIÈRE

Nous ne voyons que très peu d’ambition de la part de la commune en cette matière. Depuis 24 ans que l’équipe est au pouvoir, nous ne comprenons pas que vous puissiez commencer une cinquième législature en disant qu’un nouveau plan de mobilité doit être mis en place. Depuis longtemps, il devrait exister un plan stratégique complet et précis qui autoriserait la mise en place, le plus rapidement possible, d’un réseau de mobilité douce permettant aux habitants de circuler entre les différentes entités en toute sécurité. À l’heure où le coût des énergies explose, que le nombre de voitures est de plus en plus important, et au vu de la dangerosité de plusieurs axes dans la commune pour les vélos ou les piétons, ce plan ne constitue pas un bonus à réaliser par la majorité en place mais bien une nécessité absolue.

De même, il nous semble que la commune devrait définir son niveau d’exigence minimum à atteindre lors de la construction ou la rénovation de pistes cyclables. La mobilité douce devrait faire l’objet d’une étude sérieuse et approfondie à chaque fois qu’un chantier est programmé pour la construction ou la rénovation d’une rue, d’une route, ou de chemins communaux.

A la lecture de votre projet SOCIAL

Ecolo approuve et soutient une bonne partie de ce qui est mis en place au niveau social dans la commune de Beauvechain. Cependant, il nous semble que certains défis à venir ne sont pas assez pris en compte.

L’augmentation du nombre de personnes âgées doit faire l’objet d’une réflexion approfondie et la mise en place d’une stratégie à moyen et à long termes. Au-delà de la réflexion, il devrait y avoir des engagements clairs de la part de la commune sur les outils qui permettront de garantir qu’aucun senior de la commune ne soit abandonné à son sort. Souvent, les services à disposition des personnes âgées qui existent sont gérés à des niveaux de pouvoir autres que communaux (régional,national). Il n’est pas toujours aisé pour des personnes qui n’en ont pas l’habitude ou qui commencent à devenir confuses, de s’y retrouver dans ce dédale. Sur ce plan, la commune peut jouer un rôle. Au-delà des aides sporadiques proposées par les services communaux, il faudrait mettre en place une structure qui soit véritablement responsable du bien-être des personnes âgées qui restent à domicile. Cela permettrait de passer de la déclaration d’intention à une véritable politique des seniors et une prise de responsabilité réelle de la part de la commune.

Plutôt que le mot « assistance » aux ainés, Ecolo privilégie en première ligne « maintien d’autonomie » qui doit orienter le choix de nos actions. L’assistance vient dans un second temps.

Transversalité encore, il faut croiser politique des ainés, politiques de logements et modification du RCU pour permettre des solutions innovantes à la cohabitation des générations.

Parlons ENFANCE ET JEUNESSE

Il nous semble que le manque de places d’accueil de la petite enfance est absolument dramatique. Il est à noter que les statistiques concernant Beauvechain sont faussées du fait de la reprise de la crèche de la base aérienne dans les statistiques générales de la commune. Cela diminue d’autant plus les chances pour le reste de la population d’avoir une place disponible. De plus, nous craignons une diminution constante des accueillantes conventionnées avec l’ONE. Au lieu d’une augmentation importante des places d’accueil dans les prochaines années, si rien n’est fait, nous allons connaître une diminution des places disponibles. Si pour certaines personnes, un accueil adéquat pour l’enfant en bas âge est un élément de confort, pour d’autres il s’agit véritablement d’un enjeu vital.

Nous aurions aimé lire des engagements plus concrets que ce que vous présentez dans votre déclaration de politique communale.

En ce qui concerne la jeunesse, nous ne pouvons pas nous enthousiasmer sur ce qui est présenté. L’adolescence est une période de la vie compliquée et vraiment particulière. Ce que vous proposez s’apparente davantage à un saupoudrage d’activités occupationnelles qu’à la mise en place d’une structure permettant aux jeunes de développer leurs propres activités et projets. De même, aujourd’hui, il nous semblerait important que les jeunes puissent bénéficier de l’aide d’une personne engagée spécifiquement pour eux. Nous souhaitons une étude de faisabilité pour la mise en place d’une maison des jeunes dans la commune.

En ce qui concerne le SPORT

Ecolo ne peut qu’approuver le soutien de la commune aux différentes associations sportives. Cependant, cela nous semble insuffisant. En effet, tout le monde n’a pas toujours la possibilité ni même parfois la capacité de s’investir dans un club sportif afin de pratiquer une activité physique. Ici encore nous sommes face à un problème de mobilité. En effet, la plupart des infrastructures sportives sont située hors de la commune. L’utilisation des infrastructures de la base aérienne pourrait être une solution. Cependant, il nous semble qu’il devient de plus en plus difficile d’accéder à celles-ci. Nous déplorons que la collaboration avec la base aérienne semble de plus en plus être un vœu pieux qui s’éloigne de la réalité.

Le sport permet aussi d’illustrer par un exemple concret notre souci de transversalité. Les pratiques sportives sont aussi celles qui s’exercent au quotidien, en allant à l’école, au travail, aux ateliers de théâtres, aux centres sportifs, à pied ou à vélo, pour mettre fin à une génération de « la banquette arrière ». C’est via la résolution de problèmes de mobilité qu’on favorise les pratiques de bonne santé et de sport.

Nous plaidons donc pour des politiques qui intègrent vraiment une réflexion transversale.

Enfin votre projet d’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE nous a interpellé

Depuis des années Ecolo réclame avec insistance une modification du RCU (Règlement Communal d’Urbanisme). En effet, votre politique en matière d’aménagement du territoire révèle des incohérences et produits des effets indésirables.

Vous parlez de lutter contre la pression urbanistique. Cependant, cette pression est le résultat d’un besoin croissant du nombre de logements. En luttant contre cela, vous participez à l’organisation d’une pénurie de logements.

Vous déclarez vouloir augmenter les zones vertes et agricoles. Mais votre politique de lutte contre la densification de l’habitat ne peut mener qu’à une diminution des zones vertes et agricoles. En effet, la seule possibilité d’augmenter le nombre d’habitations sans densifier, est d’augmenter la surface sur laquelle nous allons construire.

De même, votre lutte contre la densification, participe à un effet d’inflation du prix de l’habitat dans la commune. La population est de plus en plus composée de personnes aux revenus élevés. Les habitants « historiques » doivent parfois quitter la commune parce qu’ils sont dans l’impossibilité de s’y loger.

Pour les mêmes raisons, vous empêchez certaines solutions créatives qui permettraient de faire cohabiter des familles jeunes avec des personnes âgées. Cela va à l’encontre de votre projet de cohésion sociale et est en inadéquation avec une vision de mixité sociale et intergénérationnelle.

Le développement durable doit aussi être pris en compte dans le règlement communal d’urbanisme, sinon, prétendre que le développement durable est une préoccupation première et le combattre dans les règlements, cela ressemble à une contradiction.

De plus, le souci de protéger le cadre existant ne veut pas dire encourager le pastiche architectural.

A notre avis, pour toutes ces raisons, il est vraiment temps que la commune de Beauvechain revoie le RCU et permette de manière strictement encadrée une densification réfléchie de son habitat.

Avec des finances saines et une majorité forte, la législature démarre dans des conditions idéales pour la majorité. Cependant, celle-ci entame sa 5ème législature au pouvoir sans beaucoup d’ambition et manque l’opportunité de se lancer dans une politique créative, enthousiasmante et véritablement progressiste. C’est pour cette raison qu’écolo s’abstiendra lors du vote de cette déclaration de politique générale.

Merci à tous de votre écoute attentive.

Bien évidemment, le maïeur n’était pas d’accord avec toutes nos remarques, même si nous avions eu les félicitations de Claude Snaps.

Pour les derniers points du Conseil, nous retiendrons le remplacement au centre culturel de Bénédicte par Pierre. Ce dernier investissant beaucoup dans le domaine et ne pouvant plus siéger comme représentant d’une association, Bénédicte a gentiment accepté de lui laisser sa place. Pour la majorité, André Gyre et Benjamin Goes remplacent Stéphane Rouget et Isabelle Deserf.

Pour terminer le conseil, André Gyre fait savoir qu’il n’est plus apparenté au MR, mais au PS.